Vendredi 2 octobre 2009 5 02 /10 /2009 18:14
Le 3 septembre à l'occasion de la 21e édition du festival du photojournalisme (*)  « Visa pour l'image » a été annoncé en grandes pompes la naissance d'une nouvelle agence de presse baptisée Agence Centrale de Presse (ACP) présentée par ses concepteurs comme « la première de l'ère numérique ». Elle sera mise en ligne en janvier 2010 et permettra aux médias d'acheter des articles fournis par des journalistes professionnels.

L'ACP, qui  appartient au groupe de presse Imacom, dont l'actionnaire principal est Christian Ciganer-Albeniz, Pdg de la Compagnie financière de Constance et frère de Cécilia Ciganer-Albeniz, ancienne épouse de Nicolas Sarkozy, veut "réinventer la relation entre journalistes et médias dans un contexte de crise historique et de mutation de la presse écrite".

Dans le dossier de presse il est précisé : «
 Des journalistes se trouvent aujourd'hui amenés à restreindre leur liberté de plume en échange de la sécurité d'une rédaction. Alors que le Net apparaît pour certains comme une menace sur le journalisme, il leur offre au contraire l'opportunité d'affirmer une liberté retrouvée. Le cynisme ne tuant pas, lors de sa conférence, le rédacteur-en-chef, Judikaël Hirel, a rajouté sans rire que « Le réseau de contributeurs est limité à 1.500 personnes - « pour des raisons techniques et éditoriales ». Il devrait notamment attirer des pigistes ayant "besoin de revenus supplémentaires »

Les journalistes pourront s'inscrire gratuitement. Les médias intéressés (presse écrite, supports online, mobiles...) souscriront un abonnement fixe annuel de 5.000 euros, puis paieront pour chaque article.
 L'agence prendra ensuite une commission sur les articles et les journalistes pigistes ne seront rémunérés (comment ? : en droits d'auteur uniquement ?),une fois leurs reportages vendus.
Pas de cotisations sociales, pas de frais de reportages, pas de frais de matériel (ordinateurs, transmissions, abonnement internet, matériel de prise de vues, etc.), pas de convention collective. Bref c'est du tout bénéf !


Et si au cours d'un reportage le journaliste se trouve dans l'impossibilité de travailler, en difficulté pour raison de santé, accident ou autres, sans aucune protection sociale ni ordre de mission, il ne lui restera plus qu'à souscrire à sa charge une assurance volontaire !


On connaissait la précarisation galopante et l'emploi de plus en plus fréquent de CDD dans notre métier. Voici qu'avec l'ACP c'est carrément la paupérisation absolue et la fin du salariat, en totale illégalité et pour le plus grand profit de la famille Ciganer-Albeniz.


Le groupe Imacom regroupe plusieurs agences de presse de photos et d'illustration (DPPI, Sunset, Visual et Alamo) et réalise un chiffre d'affaires de plus de huit millions d'euros par an.

Le SNJ-CGT dénonce ces pratiques illégales bafouant toutes les règles, les conventions et les lois qui régissent la profession de journalistes.

 

(*) Avec 25 agences de presse présentes cette année, contre 55 il y a deux ans, Visa pour l'image est le témoin de la crise dans la presse.

   "Il y a vingt ans, la presse était dirigée par des journalistes. Elle l'est aujourd'hui par des banquiers. Ils parlent en termes de rentabilité et l'information ils s'en foutent", affirme à l'AFP Jean-François Leroy, directeur du festival.

 

SNJ-CGT - le Torchon Rouge

 

Par Le Torchon Rouge - Publié dans : Communiqués - Communauté : Syndicalisme
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Rapido !

En direct des studios
Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a rappelé la chaîne Direct 8 (groupe Bolloré) à ses obligations "d'honnêteté" à la suite d'une émission de Jean-Marc Morandini retransmettant les funérailles de Michael Jackson le 7 juillet dernier.
En effet, l’émission présentait des images incrustées de deux journalistes commentant la cérémonie avec la mention "En direct de Los Angeles", alors que les journalistes étaient dans les studios de Direct 8". Vive la déontologie !

Pic de H1N1 dans les JT

Près de 700 sujets ont été consacrés à la grippe H1N1 dans les journaux télévisés français depuis son apparition au Mexique, une communication "à outrance" plus importante qu'à l'époque de la vache folle, selon une étude de l'Institut national de l'Audiovisuel (Ina).

Cette année, la grippe H1N1 a donné lieu à 680 sujets, soit un sujet sur deux de la rubrique "santé", selon le baromètre thématique des JT de l'Ina. Un pic de 41 sujets a été atteint le 30 avril.

Du 24 avril au 4 mai, au moment de la propagation de la grippe depuis le Mexique, 200 sujets ont été consacrés à la maladie, soit 10 sujets par jour en moyenne.

"Désormais, informer, même à l'outrance, contribuerait à diminuer le risque", toujours selon l'Ina.

L'Institut de veille sanitaire (INVS) chiffre le nombre de morts par an, provoquées par les cancers d'origine professionnelle, dans une fourchette allant de 6.000 à 12.750. 70% des 2,4 millions de salariés exposés à des produits cancérigènes sont des ouvriers. Pas un mot dans les JT.

 

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Dessin extrait de La Décroissance, n°38,
avril 2007. BD de Dom et Druilhe
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