Pour beaucoup, le journaliste est de par sa profession, une personne bien introduite dans tous les milieux, fréquentant les notables, les tutoyant parfois, toujours "entre deux avions" tels les grands reporters bien en vue à la télé.
L’image de la profession avantagée et bien lotie (en quelque sorte petit notable lui-même), bénéficiant de privilèges et d’accès gratuits
sur beaucoup d’évènements, culturels ou pas, est largement écornée par la réalité.
Les conditions de travail se dégradent d’années en années et laissent la place à une précarité galopante. Près d’un quart de la profession est constituée de précaires (voir ici-même PIGISTE ET TEMPS DE TRAVAIL et LA PIGE, METHODE DE MANAGEMENT) sous-rémunérés et travaillant à la tâche.
Tout cela au détriment de la qualité du contenu et de l’information complète et vérifiée due au citoyen.
Le Torchon Rouge publie ci-dessous le constat d'une journaliste pigiste qui en dit long. A Toulouse comme ailleurs, dans certains "médias" la rémunération au feuillet est restée la même depuis 7 ans. Pourtant la place que prend la pub dans ces dits magazines continue d’augmenter.
Une pigiste désabusée pour Le Torchon Rouge (Témoignage)
Etre pigiste à Toulouse, et ailleurs, ce n'est pas une sinécure. A l'évidence, l'écrire ou le dire, c'est enfoncer une porte ouverte. Je me propose de révéler et de dénoncer des pratiques fréquentes utilisées par les employeurs.
2002 : feuillet à 45 euros brut
Etudiante, j'ai commencé comme beaucoup d'entre nous à me roder aux pratiques du métier par le pire des statuts qui existent, celui de correspondant local de presse (CLP). A l'époque, un journaliste m'avait annoncé clairement que des "couleuvres" j'allais en "avaler dans ce métier". "Crois-moi", avait-il conclu. Pfff, qu'est qu'il me dit le vieux ? C'est ça, n'importe quoi ! Cette phrase dont je ne soupçonnais pas l'importance remonte à 2002.
Toujours à cette époque - on dirait une vieille peau qui raconte ses mémoires- un vent nouveau, du moins une brise- souffle sur la presse écrite. Des projets voient le jour, déstabilisant la suprématie du quotidien régional.
Du jamais vu, deux hebdos, un mensuel et un féminin débarquent dans la ville, avec des projets pleins les cartons et des enquêtes jamais réalisées, dit-on. Bref du jamais vu et pour nous, les jeunes, l'espoir de décrocher un job.
C'était sans compter sur les conditions de travail.
Je tente ma chance auprès de l'un d'eux. Avec plus d'une heure de retard, la rédac' chef -je m'étais promis de l'épingler depuis ce jour - me reçoit méprisante et hautaine, me signifiant que j'étais une petite chose pas très tendance dont elle n'avait pas besoin. Autant dire que l'entretien se passe mal.
Dégommée cette gentille dame, je reviens malgré tout quelques années plus tard, ravalant ma fierté. Cette fois-ci, on me reçoit un peu mieux mais le feuillet est à 45 euros brut. A prendre ou à laisser. Je tousse mais je me plie aux conditions. Pour quelles raisons ? Devinez.
2009 : feuillet toujours à 45 euros brut
A Toulouse, l'effet vent nouveau qui décoiffe est de courte durée. Un des deux hebdos est contraint de mettre la clé sous la porte, le second ainsi que les magazines passent sous le joug du groupe de presse régional.
2009, c'est l'hécatombe, la presse est dans la tourmente. Les pigistes sont les premiers concernés par ces coupes dans les budgets des rédactions.
Touchée de plein fouet, je n'ai pas d'autre solution que de reprendre contact avec mes anciens employeurs que j'avais abandonnés en cours de route, il est vrai, pour d'autres propositions payées correctement.
Me voilà donc de retour dans le bureau du rédac chef du mag -qui avait changé une nouvelle fois- avec la boule au ventre genre "qu'est ce que je fous là ?". Après quelques minutes de conversation, nous abordons les tarifs. Vous remarquerez d'ailleurs que cette question épineuse arrive en bout de course de l'entretien, jamais au début, et elle est soulevée par le (futur) collaborateur.
Et ô surprise ! Rien n'a changé : la pige est toujours à 45 euros.
Cette fois ci, privilège de l'âge probablement et de l'expérience, pas moyen d'accepter ce travail. Pigiste oui, pigeon non.
Mais je sais que d'autres comme moi avant - étudiants et journalistes débutants- acceptent sans négocier, se disant "faut bien commencer".
Près de 700 sujets ont été consacrés à la grippe H1N1 dans les journaux télévisés français depuis son apparition au Mexique, une communication "à outrance" plus importante qu'à l'époque de la vache folle, selon une étude de l'Institut national de l'Audiovisuel (Ina).
Cette année, la grippe H1N1 a donné lieu à 680 sujets, soit un sujet sur deux de la rubrique "santé", selon le baromètre thématique des JT de l'Ina. Un pic de 41 sujets a été atteint le 30 avril.
Du 24 avril au 4 mai, au moment de la propagation de la grippe depuis le Mexique, 200 sujets ont été consacrés à la maladie, soit 10 sujets par jour en moyenne.
"Désormais, informer, même à l'outrance, contribuerait à diminuer le risque", toujours selon l'Ina.
L'Institut de veille sanitaire (INVS) chiffre le nombre de morts par an, provoquées par les cancers d'origine professionnelle, dans une fourchette allant de 6.000 à 12.750. 70% des 2,4 millions de salariés exposés à des produits cancérigènes sont des ouvriers. Pas un mot dans les JT.
