Communiqués

Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /2010 21:32

Communiqué du SNJ-CGT de 20 Minutes


APPEL AUX SALARIES DE 20 MINUTES
A SOUTENIR LES REPORTER-PHOTOGRAPHES REMUNERES A LA PIGE

Pourquoi les reporter-photographes pigistes de 20 Minutes sont en grève ?

Depuis des mois nous tentons de faire reconnaître nos droits légaux. Quoiqu’en pensent certains, il n’existe pas de «statut» du pigiste, ni «traditionnel», ni autre. Il n’existe que des salariés. À revenus variables ou pas, avec un contrat signé ou à rétablir.

Durant ces mois, malgré nos tentatives de discussion, la direction a toujours refusé ou négligé de prendre en compte les anciennetés maison et professionnelle, les droits d’auteur en cas de seconde réutilisation des photos (Code de la propriété intellectuelle et morale), une prime de sac pour utilisation de notre propre matériel, le remboursement des frais de reportage, les visites obligatoires à la médecine du travail, la publicité et participation aux élections des représentants du personnel etc.

De notre côté la porte du dialogue n’a jamais été fermée, bien au contraire. Nous ne demandons qu’une simple application de la loi pour tous les salariés. Un grand nombre d’entre nous étaient là dès la création des locales.

Aujourd’hui, la direction nous propose un nouveau contrat alors que nous sommes déjà sous contrat de fait CDI (loi Cressard du 4 juillet 1974 qui reconnaît aux journalistes rémunérés à la pige la présomption simple de contrat de travail).

De plus, ce nouveau contrat modifiera largement nos conditions avec un surcroit de travail liés aux nouvelles missions d’iconographie, de traitement numérique des images, etc. dans le cadre d’«un processus nouveau de réalisation des pages».

Il s’agit purement et simplement d’un avenant mais qui n’a à AUCUN MOMENT été négocié.

Cerise sur le gâteau, ce nouveau contrat  remet à plat les anciennetés qui ne seront reconnues qu’à partir de sa signature!

Licenciements assurés

En outre en proposant ce contrat, pour 6 (ou plus) d’entre nous, déjà dans une situation financière précaire, c’est le licenciement assuré. Notre rémunération moyenne est loin d’être «supérieure à la rémunération d’un salarié» (à temps plein) comme le fait croire la direction.

C’est là que le bât blesse… car il avait été  convenu avec la Direction que nous pouvions revendre nos archives pour contrebalancer la faiblesse de nos revenus. Accord tacite avantageux pour le journal qui n'avait alors pas à assumer des revenus trop élevés donc moins de cotisations sociales.

La direction tente de nous mettre devant le fait accompli et choisit elle-même une stratégie de rupture. Elle envoie par mail des «appels à candidatures» pour un poste unique à temps plein à chaque bureau local et à chaque salarié rémunéré à la pige, qui pourtant travaille régulièrement depuis des années pour 20 Minutes, à temps plein ou partiel…

Voilà toute la considération que nous porte la Direction des Ressources humaines (DRH). 

Le choix de la direction de rationaliser les méthodes de travail n'est pas ici la première question.
C'est d'abord la méthode choisie par la DRH qui nous révolte.

 

Pour la Direction, insatisfaisant est synonyme d’illégalité  (pour elle-même)

La Direction propose aujourd’hui une «offre de collaboration en contrat à durée indéterminé pour répondre à deux objectifs: mettre un terme à une situation insatisfaisante à la fois pour les photographes rémunérés à la pige et pour elle-même » et elle « entérine la création de six postes en CDI à temps plein dans les éditions locales concernées » soit un dégraissage de six salariés.

Mais elle n’a jamais répondu sur la question de la dette contractée envers les photographes, sur les anciennetés dues et la régularisation de tous les autres avantages et notamment ceux consentis par l'entreprise aux membres de son personnel relevant de la même catégorie des journalistes professionnels..

Le syndicat national des journalistes CGT a désigné un délégué syndical suivant en cela les voies légales. Pour accompagner les reporter-photographes rémunérés à la pige et faire enfin reconnaître leurs droits auprès de la Direction. Les discussions de gré à gré ne peuvent prétendre à un accord collectif.

Certes se voir enfin proposer un contrat est une avancée. Mais dans quelles conditions?

Face à l'absence d'aménagement du « poste de reporter photographe permanent » en fonction des configurations et des effectifs actuels de chaque locale, la direction semble renverser la situation en invoquant la nécessité d'un poste unique et permanent d'un reporter photographe pour mener à bien l'évolution du processus de production du journal.

  Pour toutes ces raisons, pour ce combat qui fait suite à celui mené par les rédactions de 20 minutes fin mai 2009, nous faisons un appel au soutien de l’ensemble des salariés.

 

SNJ-CGT

Paris, le 10 février 2010



 

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Jeudi 31 décembre 2009 4 31 /12 /2009 12:02

31/12/09 - Communiqué de la Fédération internationale des journalistes International Federation of Journalistes

 

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) appelle aujourd'hui à ce que les gouvernements et les Nations Unies agissent davantage pour protéger les journalistes, alors même que l'on annonce un terrible bilan de 137 journalistes et travailleurs des médias tués en 2009.

Selon la FIJ, le nombre d'assassinats ciblés de journalistes (113) est un des plus élevés jamais enregistrés, et ce malgré les appels des Nations Unies demandant aux gouvernements de mettre un terme à l'impunité.
A la fin de cette année qui s'est terminée par un grand nombre de décès parmi les travailleurs des médias, les Philippines, le Mexique et la Somalie sont désignés comme les pays les plus dangereux pour les journalistes.
"La baisse du nombre d'assassinats de journalistes l'an dernier n'aura pas duré très longtemps", a déclaré Jim Boumelha, Président de la FIJ. " L'effroyable massacre de 31 journalistes et travailleurs des médias aux Philippines en novembre et les récentes violences à l'encontre de nos collègues au Mexique et en Somalie ont transformé cette année en bain de sang pour les médias."

La liste de la FIJ présentant les décès des travailleurs des médias dans l'exercice de leurs fonctions est établie en collaboration avec INSI, l'Institut international pour la sécurité de la presse et totalise 137 journalistes et travailleurs des médias morts en 2009, contre 2008 répertoriés en 2008. Parmi ces 137 cas, 24 étaient des décès accidentels frappant des journalistes dans l'exercice de leurs fonctions.  
En Irak, pays qui a été durant le plus clair de la décennie le pays le plus dangereux  pour les journalistes, les décès dans les médias sont tombés à 5, contre 16 l'an passé, la crise politique s'étant un peu atténuée dans le pays.

Mais, cette année, les statistiques les plus choquantes viennent des Philippines, où 38 journalistes et travailleurs des medias ont été tués en 2009 - la plupart d'entre eux victimes d'un massacre dans la province de Maguindano le 23 novembre, qui a fait 31 victimes parmi les médias.
La FIJ estime que cette attaque sans précédent et la violence permanente contre les médias en d'autres endroits représentent un défi pour les gouvernements auxquels les Nations Unies ont demandé, en 2006, de prendre des mesures pour protéger les journalistes et les médias dans les zones de conflit.
"La question est de savoir si les gouvernements écoutent ou sont prêts à prendre sérieusement leurs responsabilités", a déclaré Aidan White, Secrétaire général de la FIJ. "La complaisance et l'indifférence ne peuvent être tolérées. La crise à laquelle sont confrontés les médias menace des vies innocentes et la démocratie elle-même."
En date du 31 décembre, la FIJ a enregistré l'information suivante concernant les décès de journalistes et de travailleurs des médias en 2009:
Assassinats ciblés: 113
Morts accidentelles: 24
Total des décès: 137

Pour la deuxième année consécutive, la région Asie-Pacifique est la région la plus meurtrière, avec 52 journalistes et travailleurs des médias tués. Les Philippines ont payé le plus lourd tribut, suite au massacre du 23 novembre, dans la province de Maguindano, qui a fait 31 victimes parmi les médias.
Se trouvent parmi les autres pays ayant subi de nombreuses disparitions parmi les travailleurs des médias :
Le Mexique    13
La Somalie    9
Le Pakistan   7
La Russie       6

En 2008, l'Irak, l'Inde et le Mexique étaient les pays les plus dangereux au monde. La Russie a rejoint cette année le peloton de 5 pays les plus dangereux. La FIJ soutient une campagne contre l'impunité dans ce pays et a lancé une base de données en ligne relative aux assassinats de journalistes, en collaboration avec deux des principales organisations chargées de surveiller les abus à l'encontre des journalistes : la Glasnost Defence Foundation et le Centre pour le journalisme en conditions extrêmes.

Le rapport complet de la FIJ sur les journalistes et les travailleurs des médias tués en  2009 sera publié à la mi janvier 2010. International Federation of Journalistes

La FIJ représente plus de 600.000 journalistes dans 125 pays

 

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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /2009 12:30
Communiqué du SNJ-CGT
Liquidation du service français et plan social

Le SNJ-CGT dénonce le projet de liquidation du service français de l'agence Associated Press à Paris qui va entrainer un plan social comptant 80 licenciements dans la rédaction.

Ce projet de suppression d'emplois entre dans le cadre d'un vaste plan de réduction des effectifs entrepris par la direction d'AP dans le monde où 10% des emplois vont être supprimés. Prétextant la crise économique, AP, hormis la liquidation du service français, a procédé à la fermeture ou la cession de plusieurs autres services de langues comme l'italien, le néerlandais et l'allemand.

Pour autant, un accord de reprise devrait être trouvé entre AP et l'agence allemande DDP à la fois pour le service en allemand et dans un second temps pour la relance d'un service en français.

Une partie seulement du personnel d'AP France serait reclassée dans cette nouvelle structure.

Durant ces dernières années, deux projets successifs de reprise du service français, dont le but était de marginaliser l'AFP sur le marché hexagonal, l’un émanant du groupe Bolloré associé à l’ancien PDG de l’AFP Bertrand Eveno  et l’autre du fond d’investissement Newfund, ont échoué grâce à l’action des salariés.

Dans ce contexte le SNJ-CGT s'inquiète également de l’avenir des photographes de AP en France.

Pour le SNJ-CGT, les nouvelles manœuvres en cours visent en premier lieu à faire des économies de personnels pour faire baisser la masse salariale seule variable d'ajustement des éditeurs. Un cinquième de la profession en France est déjà victime de la précarité et en 2009 plusieurs centaines de journalistes  ont été licenciés sur un total de 38.000 professionnels.

Le SNJ-CGT apporte sa solidarité aux journalistes d'AP et se tient à leur disposition pour faire barrage à ces projets néfastes pour l'emploi et l'information des citoyens.

IL appelle également les syndicats à réagir dans l'unité contre la fermeture du service français d'AP, le plan social et des reclassements sans garantie pérenne.

Montreuil le 02/12/2009    

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Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /2009 12:26

Dans un communiqué publié le 25 novembre pour marquer la Journée internationale pour l'Elimination de la violence contre les femmes, La Fédération internationale des journalistes (FIJ) exprime sa solidarité envers les femmes victimes de violence pour avoir exercé leurs droits à la libre expression.

Dessin extrait de La Décroissance, n°38, avril 2007. BD de Dom et Druilhe

« Comme tous les travailleurs des médias, les femmes journalistes vivent et travaillent souvent sous pression, et beaucoup d'entre elles doivent également répondre à des menaces supplémentaires en raison de leur sexe », explique Aidan White, Secrétaire général de la FIJ. « Nous avons toujours condamné l'usage de la violence envers les journalistes et nous déplorons particulièrement les brimades, les intimidations physiques et le harcèlement sexuel, verbal et judiciaire perpétrés à l'encontre des travailleuses des médias ».
La FIJ et les membres du réseau d' Échange international de la liberté d'expression (IFEX) dénoncent la prise pour cible de plus de 40 femmes journalistes, écrivaines et militantes dans le monde entier, dont l'Asie paie le plus lourd tribut.
Les membres de l'IFEX demandent aux pouvoirs publics d'enquêter de manière plus approfondie sur les cas de violence envers les femmes qui osent s'exprimer librement, afin que les véritables auteurs de ces actes soient identifiés, poursuivis de manière effective et jugés.
Ils demandent également aux gouvernements, à la police et aux employeurs de protéger les femmes journalistes, militantes des droits de l'homme, écrivaines et bloggeuses, et d'investir dans des programmes d'éducation sur l'égalité des sexes afin que les femmes puissent travailler et couvrir tout sujet, y compris sur les droits des femmes.
« Nous exprimons aujourd'hui notre solidarité envers nos collègues féminines travaillant dans les médias qui se battent pour dire la vérité », indique White. « Elles méritent une meilleure protection contre les violence quotidiennes auxquelles elles sont confrontées et nous devons nous battre pour cela ».

Pour plus d'information contacter la FIJ au +32 2 235 2216 

International Federation of Journalists

La FIJ représente plus de 600 000 journalistes dans 123 pays du monde. Le SNJ-CGT en est membre de droit.

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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /2009 19:05


Lettre ouverte au président la République française des trois premiers syndicats de journalistes, le Syndicat national des journalistes (SNJ), le SNJ-CGT, et l'Union syndicale des journalistes (USJ) CFDT

 

Paris, le 3 novembre 2009

Monsieur le Président,

En France comme dans de nombreux pays européens l’information est en danger. Baptisée "Stand up for journalism", à l'initiative de la Fédération européenne des Journalistes, cette journée du 5 novembre est l'occasion pour nous d'attirer votre attention et celle de l'ensemble des citoyens de notre pays sur cette situation extrêmement préoccupante.

Depuis votre élection à la présidence de la République, les syndicats de journalistes (SNJ, SNJ-CGT, USJ-CFDT) constatent que la situation des médias s’est sensiblement aggravée. Il n’est pas un jour sans qu’un journal, un hebdomadaire, une radio, une télévision ne licencie des journalistes en prétextant la crise économique.

Parallèlement, des journaux disparaissent. La presse gratuite - longtemps présentée comme "La" solution à la désaffection du lectorat - est dans le rouge. Les quotidiens à faible revenu publicitaire connaissent d’amples difficultés.

Les plans "sociaux", les plans de départs volontaires, les licenciements  se sont multipliés tout au long de l’année.  2300 journalistes - c’est un premier bilan - seraient venus gonfler les rangs des chômeurs. Pour une profession regroupant 38.000 salariés, la saignée est énorme.

De plus, un cinquième de la profession est précarisé. Certains pigistes gagnent à peine le Smic, contraignant la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels à abaisser à un demi-Smic le minimum requis pour leur reconnaître l'appartenance à la profession. Peut-on vivre décemment avec un tel revenu? Peut-on exercer sérieusement la profession de journaliste dans un tel état de dénuement ?

Cela n’empêche pas un dirigeant d'un grand groupe de presse magazine de revendiquer une prime de départ de 2 millions et demi  d’euros!

Cela n'empêche pas non plus la plupart des dirigeants d’entreprises de presse, auxquels vous avez accordé des aides substantielles, par le biais des Etats généraux de la presse écrite, de continuer à mener des politiques managériales qui amenuisent les moyens des rédactions et les empêchent de remplir correctement leur mission, réduisant l’information à l’état de marchandise insipide, compromettant la qualité des contenus et, par là même, l’avenir de leurs médias.

Le pluralisme est atteint en son coeur. Les fusions, les rachats, les concentrations au profit de grands groupes de presse dont vous vous félicitez d’être proche (Lagardère, Bolloré), ou du Crédit Mutuel (groupe EBRA), ne contribuent pas à sauver, ni même à conforter les titres.

Au contraire, elles en font disparaître l'identité et la diversité. Les lecteurs ne s’y retrouvent pas, délaissant de plus en plus l’information spectacle, la +pipolisation+ croissante, l’infomerciale et l’uniformisation.

Regagner des lecteurs, retrouver la confiance de ceux qui nous lisent  ou nous écoutent, exige une réflexion sur le contenu et la qualité de l’information. Voilà qui nécessite de mobiliser toutes les compétences: celles des journalistes "d'expérience", que les coupes claires faites dans les effectifs des rédactions poussent irrémédiablement vers la porte. Et celle de jeunes journalistes motivés, diplômés, mais cantonnés dans des contrats sans lendemain, à faire, devant leur écran, du journalisme loin du terrain.

Lorsque la seule préoccupation des actionnaires est de rentabiliser les +tuyaux+, sans se soucier de la qualité des contenus du moment qu'ils en gardent le contrôle, cela conduit à une politique dangereuse pour l’information.

Les syndicats de journalistes (SNJ, SNJ-CGT, USJ-CFDT), concernés depuis toujours par la déontologie et les principes professionnels, affirment haut et fort que l'intégration d'une charte dans la convention collective des journalistes serait un signal fort en direction de l'opinion publique, lassée des dérives récurrentes et des approximations. Hélas, tous leurs efforts pour faire partager ce souci aux représentants des éditeurs sont restés vains.

Un projet de code de déontologie vient d’être rendu public. Permettra-t-il enfin d'engager la discussion entre représentants des journalistes et des patrons? C'est une question! Cette discussion sera-t-elle ouverte et sincère? C'en est une autre.

En tous cas, les syndicats de journalistes ne pourront accepter un code qui n'engagerait pas la responsabilité de tous les acteurs de la chaîne éditoriale, du plus humble des rédacteurs jusqu'au directeur de la publication, en passant par tous les stades des hiérarchies rédactionnelles.

Ils ne sauraient accepter un code qui cherche à faire porter le chapeau au seul journaliste de terrain, dont la tâche est déjà rendue plus que difficile par les dérives éditoriales et économiques imposées par les éditeurs, ainsi que par des conditions de travail considérablement dégradées.

Ils ne sauraient accepter non plus un code où les responsabilités devant les citoyens ne seraient pas une priorité.

Oui les journalistes ont le devoir d’informer. Mais pour se faire il faudrait leur reconnaître des droits et des conditions de travail compatibles avec un vrai travail d’investigation et de vérification. Une information de qualité se doit d’être libérée du poids des actionnaires, des  fonds de pension, des publicitaires et des politiques. Qu’attend la France pour reconnaitre par la loi  l’indépendance des rédactions face aux groupes industriels qui contrôlent notre profession?

Les journalistes dans ce pays n’ont toujours pas la garantie de voir leurs sources protégées, alors que la loi et la justice européennes l'imposent.  Ils risquent de voir débarquer la police dans leur rédaction, comme au Canard enchainé, à l’Equipe, au Point, à Midi libre, à la Nouvelle République du Centre-Ouest, à la République du Centre, etc.

Dans l’audiovisuel public la situation n’est guère plus brillante.

L’avenir de France-Télévision, de Radio France, est obéré par la suppression de la publicité sans la garantie de moyens équivalents +à l’euro prè+. 900 emplois sont déjà dans le collimateur à France Télévisions, soit 10% de l'effectif.

Parallèlement le contrôle du pouvoir devient de plus en plus prégnant à la suite de votre décision de nommer vous-même les dirigeants des chaînes, exemple unique en Europe.

Le temps de l’ORTF où le ministre de l’information dictait sa loi ne semble plus si lointain.

L’audiovisuel extérieur est également menacé, après le rapprochement en une seule entité de France 24, RFI et TV5.

Faut-il rappeler qu’un plan de 206 licenciements est programmé à RFI sans la moindre justification sérieuse, et sans que les salariés et leurs syndicats, malgré leur longue grève, n’aient pu être entendus.

A France 24, on propose aux pigistes le statut d’auto-entrepreneur, contraire à la convention collective des journalistes. Il est choquant que le service public, où l'Etat est le principal actionnaire, donne le mauvais exemple de la précarisation des emplois !

Et que dire encore du rôle que vous voulez assigner à l’AFP en optant avec la direction de cette agence mondiale, la seule non anglo-saxonne, pour son étatisation après avoir mis à l’encan son statut qui depuis un demi siècle a préservé son indépendance. Le porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre avait lancé l’offensive il y a quelques temps contre cette rédaction,  libre de tout capital et actionnaires, pour tenter en vain d’en faire "la voix de son maître" ? Alors étatisation de l’AFP avant sa privatisation ?  Comme à GDF ? Comme à La Poste ?

Comment ne pas être scandalisé par les licenciements chez Gamma, une agence photo de renom mondial grâce à ses photographes. Où est la réaction indignée de votre  gouvernement et de vous-même devant ce bradage du patrimoine national par un fonds d’investissement pour lequel les rendements financiers sont plus importants que la culture et le patrimoine?

Monsieur le Président, en cette journée européenne pour la défense du journalisme, les trois syndicats français membres de la FEJ vous demandent:

   - d'accéder à leur demande d'une réforme législative qui viserait à reconnaître enfin l'indépendance juridique des équipes rédactionnelles quelles que soient la forme de presse et la taille de l'entreprise médiatique.

   - de veiller à ce que les aides publiques à la presse ne servent plus seulement à enrichir des actionnaires ni à regarnir provisoirement des trésoreries, mais accompagnent des politiques volontaristes privilégiant la qualité de l'information et la sauvegarde des emplois.

   - de garantir des ressources pérennes pour que les services publics de radio et de télévision remplissent pleinement l'intégralité de leurs missions.

   - de confirmer à l'audiovisuel extérieur de la France ses missions dans toute leur plénitude ou leur diversité.

 

Alain GIRARD, premier secrétaire national du SNJ

Dominique CANDILLE, secrétaire générale du SNJ-CGT

Nicolas THIERY, secrétaire général de l'USJ-CFDT

 

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Rapido !

En direct des studios
Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a rappelé la chaîne Direct 8 (groupe Bolloré) à ses obligations "d'honnêteté" à la suite d'une émission de Jean-Marc Morandini retransmettant les funérailles de Michael Jackson le 7 juillet dernier.
En effet, l’émission présentait des images incrustées de deux journalistes commentant la cérémonie avec la mention "En direct de Los Angeles", alors que les journalistes étaient dans les studios de Direct 8". Vive la déontologie !

Pic de H1N1 dans les JT

Près de 700 sujets ont été consacrés à la grippe H1N1 dans les journaux télévisés français depuis son apparition au Mexique, une communication "à outrance" plus importante qu'à l'époque de la vache folle, selon une étude de l'Institut national de l'Audiovisuel (Ina).

Cette année, la grippe H1N1 a donné lieu à 680 sujets, soit un sujet sur deux de la rubrique "santé", selon le baromètre thématique des JT de l'Ina. Un pic de 41 sujets a été atteint le 30 avril.

Du 24 avril au 4 mai, au moment de la propagation de la grippe depuis le Mexique, 200 sujets ont été consacrés à la maladie, soit 10 sujets par jour en moyenne.

"Désormais, informer, même à l'outrance, contribuerait à diminuer le risque", toujours selon l'Ina.

L'Institut de veille sanitaire (INVS) chiffre le nombre de morts par an, provoquées par les cancers d'origine professionnelle, dans une fourchette allant de 6.000 à 12.750. 70% des 2,4 millions de salariés exposés à des produits cancérigènes sont des ouvriers. Pas un mot dans les JT.

 

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Dessin extrait de La Décroissance, n°38,
avril 2007. BD de Dom et Druilhe
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