Selon le Canard enchaîné du 21 octobre, le fils du chef de l'Etat aurait posé un certain
nombre de conditions à la chaîne avant l'interview télévisée du 13 octobre dernier.
Une interview de Jean Sarkozy en pleine polémique sur sa possible accession à la tête de
l'Etablissement public d'aménagement de la défense (Epad), toutes les chaînes de télévision en ont rêvé. C'est finalement France 3 Ile-de-France qui a obtenu l'exclusivité, mardi 13 octobre. Mais
sous condition.
Selon un article du Canard enchaîné daté du mercredi 21 octobre, le fils du chef de l'Etat aurait bénéficié d'un traitement de faveur inhabituel : préparer l'interview avec son interlocuteur
avant de passer à l'antenne.
"Du jamais vu"
Jean Sarkozy et son conseiller en communication Christophe Lambert se seraient ainsi entretenus dans un salon avec le journaliste Jean-Jacques Cros afin de "fignoler ensemble les questions" avant
le direct, selon le Canard. "Du jamais vu", indique un journaliste de France 3 au journal satirique.
Interrogé par Nouvelobs.com, Jean-Jacques Cros dément formellement : "Je n'ai modifié aucune de mes questions qui étaient par ailleurs tout à fait classiques", explique-t-il avant d'ajouter que
le fils du chef de l'Etat n'en avait "aucunement eu connaissance avant de passer à l'antenne".
En revanche, ce que confirme Jean-Jacques Cros, le jeune homme a interdit qu'on le filme en coulisses, menaçant de partir, et a refusé un certain nombre de propositions de la chaîne publique
notamment l'intégration au milieu de l'interview d'un court reportage illustré de réactions de députés à l'Assemblée.
Finalement, l'interview durera sept minutes, quand d'ordinaire les invités politiques de France 3 ont droit à deux fois moins de temps d'antenne. "Nous avons considéré dans la logique de
l'émission de lui donner un peu plus de temps pour s'exprimer", indique Jean-Jacques Cros, avouant que l'interview devait au départ "durer 4 minutes" et non 7.
Près de 700 sujets ont été consacrés à la grippe H1N1 dans les journaux télévisés français depuis son apparition au Mexique, une communication "à outrance" plus importante qu'à l'époque de la vache folle, selon une étude de l'Institut national de l'Audiovisuel (Ina).
Cette année, la grippe H1N1 a donné lieu à 680 sujets, soit un sujet sur deux de la rubrique "santé", selon le baromètre thématique des JT de l'Ina. Un pic de 41 sujets a été atteint le 30 avril.
Du 24 avril au 4 mai, au moment de la propagation de la grippe depuis le Mexique, 200 sujets ont été consacrés à la maladie, soit 10 sujets par jour en moyenne.
"Désormais, informer, même à l'outrance, contribuerait à diminuer le risque", toujours selon l'Ina.
L'Institut de veille sanitaire (INVS) chiffre le nombre de morts par an, provoquées par les cancers d'origine professionnelle, dans une fourchette allant de 6.000 à 12.750. 70% des 2,4 millions de salariés exposés à des produits cancérigènes sont des ouvriers. Pas un mot dans les JT.
